|
Portrait : EDEN CHOURAKI
Après plus de trois années d’études passées sur les bancs de l’École du Louvre et tout autant devant les vitrines du Musée Guimet, suite à un long parcours artistique jalonné de poésies, de chansons, de sculptures, de vitraux et de peintures, je me suis orientée vers un art de conception plutôt que d’imitation au titre que la vraisemblance n’a aucune importance pourvu que le monde des mystères reste sauf.
Si j’ai dédaigné les canons du conformisme et autres références visuelles c’est que j’ai préféré me libérer ainsi des contraintes de la représentativité au double motif que l’image tel qu’elle a toujours été figurée contamine l’esprit et que, quoi que l’on représentât, le regard humain ne verra jamais que ce que la chair lui permettra de voir.
Au centre de mes peintures, sans réserve ni effort, vous lirez une prière, un symbole, une lettre, une ombre que mon couteau se sera obstiné à façonner en espérant déclencher chez vous, une agréable sensation de l’adéquation entre le sujet et le geste peint.
Quant à mes huiles, je les fais fusionner avec l’eau de la Mer de Sel, la terre ou le sable d’Israël car, entre l’inconscient sauvage et la conscience domestiquée je place incontestablement mon credo, moteur hypertrophié de mon expression artistique. Entre le visible et le non dit, cela va de soit, je vous invite à prier.
J’ai aimé peindre les quatre vitraux de la synagogue de Limeil Brévanes et ceux du mickvé de Cannes. J’ai été émue de voir trois de mes plus grandes toiles au Beit Knesset Toldot Israac de Raanana et touchée de travailler au profit de l’Institut du Temple de Jérusalem mais, ma plus haute fierté a été de peindre huit tableaux pour le Beit HaShalom de Hébron.
Si la passion est le décor qui émaille mon quotidien moi qui suis née presque poète, je vous offre mes camaïeux, mes clairs-obscurs, mes contrastes et mes dégradés comme en leur temps j’offrais mes alexandrins. Et très certainement, pour cette raison, quand vous serez face à mes couleurs, vous ressentirez peut être que vous regardez un parfum. Je n’ai pas de grandes idées mais mes pigments sont les mots colorés de mes petites opinions et surtout, ma manière bien particulière de toucher un peu la lumière.
|
|